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Editorial

Juillet - Août 2016

Nous sommes faits pour la joie

Enthousiasme souriant, expression de satisfaction, de  détente : quel beau sujet pour l’été !  Mais cela signifierait-il une célébration du monde des bisounours ?  La capacité de la joie n’est pas antinomique avec la lucidité. Le dénigrement de la joie est devenu une sorte de culture. Comme si la beauté, l’émerveillement, la poésie étaient signe de naïveté propre aux esprits un peu simplets ou peu sérieux. A en juger  au nombre d’émissions  de divertissements ou de réjouissances frelatées, la situation semble sévère.

Affirmer que nous sommes faits pour la joie, même pour ce temps des vacances ne va pas de soi. La joie ne se commande pas.

Chômage, fatigue, maladie, échec, deuil  affectent trop de gens pour entonner quoi qu’il arrive un hymne à la gaieté. Face à l’état du monde et celui de la France, lourdement dominés par des incertitudes et des peurs, la joie apparaît aujourd’hui comme une capacité des fous ou des inconscients. On peut se poser néanmoins cette question : et si les vacances étaient finalement plus que de l’évasion, pour changer d’air, comme on dit ?

Peut-être que la période estivale aide malgré tout à redécouvrir certains trésors de la joie, certains de ses mystères aussi. Car la joie est plus qu’une affaire de caractère. Elle  nous rejoint de l’extérieur comme un hôte à accueillir. On ne se donne pas de la joie comme on se fait plaisir. La joie n’est pas le simple contraire du déplaisir ou de la tristesse. N’est-elle pas une force expressive, lumineuse, qui aide à vivre ces situations négatives, à les traverser, dans une disposition intérieure particulière, faite tantôt de contentement tantôt  de consentement ? Une ambivalence grave ou heureuse, source de liberté courageuse. Si la joie ne se commande pas, la joie se reçoit.

La joie n’est pas juste une libération de notre cœur, c’est une véritable fête de tout notre être. La joie a une cause, une source. Elle est elle-même cause et source d’un élan bienfaisant. Elle est une lucidité positive ; une mémoire réjouie, consciente  d’une promesse. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur… » (Phil. 4,4), disait l’apôtre Paul avec insistance. Se ressourcer  pendant les vacances,  c’est honorer en nous, autour de nous, quelque chose qui n’a pas de prix : la capacité de la joie. Bonnes vacances.

 

Philippe B. Kabongo-Mbaya

 



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